La société des humains doit se réinventer
Dans le cadre d’une crise systémique globale provoquant l’effondrement d’absolument tous les fondamentaux sociétaux, la première réaction est le durcissement de toutes les structures de pouvoir.
Surveillance, déshumanisation, conflits, terrorisme deviennent la norme, écrasant une société humaine fragilisée par l’échec de tous les outils de bonne gouvernance que sont l’éducation, la démocratie, la santé, la redistribution des richesses produites, etc. Mais, en perdant l’adhésion des citoyens, plus le système se durcit plus il dysfonctionne, créant les conditions de la réinvention. Les citoyens doivent se reprendre en main et ne plus attendre de solutions venant d’en haut.
” On l’a compris, le grand problème de l’humain aujourd’hui, c’est qu’il flotte. Déconnecté des réalités physiques, il n’a plus prise sur rien, se virtualise et se dilue dans l’éther numérique. Et il est tenté de croire que cette tendance est irrésistible et sans limite. Pourtant il a connu d’autres époques de dilution et les religions poussées à leur paroxysme ont eu le même type d’impacts parfois. C’est donc à ces périodes que l’humain contemporain doit se référer pour retrouver les chemins qu’il a dû emprunter pour revenir au monde, et pour s’en inspirer et reprendre espoir. Il devra intégrer le temps et la discrétion dans sa stratégie, deux notions particulièrement étrangères à l’air de temps … “ (article GEAB).
Les défis de l’humanité face à ses propres limites
Le grand problème de l’humain aujourd’hui est qu’il dépasse les limites de l’acceptable, menant à la destruction de la planète et à des créations qui le dépassent, comme le montrent les mythes et les réalités technologiques.
Pourquoi l’humanité « flotte » aujourd’hui ?
| Axe | Description | Conséquences majeures | Exemples concrets |
| Environnement | Surconsommation des ressources naturelles et émissions de gaz à effet de serre | Réchauffement climatique, perte de biodiversité, catastrophes naturelles | Augmentation du niveau moyen des mers ≈ 3 mm/année (données du GIEC) |
| Technologie | Développement rapide de l’IA, de la biotechnologie et de la surveillance numérique | Risques d’obsolescence des compétences, atteintes à la vie privée, déséquilibres de pouvoir | IA générative utilisée dans la désinformation, reconnaissance faciale dans les espaces publics |
| Inégalités sociales | Écarts croissants de revenus et d’accès aux services essentiels | Exclusion, tensions sociales, migration forcée | Part du revenu des 1 % le plus riche > 20 % du PIB mondial (estimation du World Inequality Report) |
| Santé mentale | Pression du travail, hyperconnexion, incertitude économique | Augmentation des troubles anxieux et dépressifs, hausse du suicide chez les jeunes | En 2023, 1 personne sur 5 en Europe déclarait un mal-être psychologique (Eurostat) |
| Gouvernance | Décisions politiques souvent lentes ou influencées par des intérêts privés | Manque de réponses coordonnées aux crises (pandémies, climat) | Retards dans la mise en œuvre du Green Deal européen |
Conclusion
Le « flottement » de l’humain aujourd’hui résulte d’une déconnexion entre nos capacités de création et notre capacité à les maîtriser de façon responsable. Les solutions passent par une réorientation des priorités économiques, une régulation proactive des technologies, et une solidarité accrue pour réduire les inégalités. Sans ces ajustements, la tendance à « flotter » risque d’entraîner des déséquilibres plus profonds, tant sur le plan planétaire que sociétal.