Explosion des Data centers
Les data centers sont des installations physiques, des bâtiments destinés à stocker, traiter, et échanger de grandes quantités de données, à travers un réseau principalement composé de serveurs. Véritables coffres-forts du numérique, les professionnels et les particuliers sollicitent les data centers et les serveurs qu’ils renferment à chaque fois qu’ils utilisent des applications, des services en ligne, des logiciels, des terminaux mobiles, ou encore des sites web.
Ces infrastructures sont de deux grands types. Les data centers dits « de colocation » ou neutres hébergent les données de clients différents. Ces derniers louent des serveurs déjà installés, ou un espace dans lequel ils installent leurs propres serveurs. Les data centers dits « d’exploitation », quant à eux, sont ceux que les entreprises et les services publics hébergent au sein de leurs propres bâtiments.
Avec l’essor massif des cryptomonnaies et de l’intelligence artificielle, le volume mondial de données en circulation ne cesse d’augmenter (+ 40 % par an, selon Digital Realty, entreprise américaine de gestion de data centers, au Data center World Paris qui s’est tenu les 27 et 28 novembre 2024) entraînant un besoin accru de stockage et de calcul. Ce qui n’est pas sans conséquences sur l’environnement.
Électricité, eau, métaux : une industrie aux besoins croissants
Le numérique est à l’origine de 4,4 % de l’empreinte carbone en France.
Les data centers, quant à eux, représentent la deuxième source de pollution du secteur du numérique, après la fabrication des équipements. Leur empreinte environnementale provient en partie des besoins en électricité continus nécessaires à leur fonctionnement. Même lorsqu’un serveur est en veille, il consomme en moyenne 100 watts afin de répondre instantanément à une requête, et un gros data center en contient des milliers. Les data centers consomment actuellement 2 % de l’énergie mondiale. Et les estimations prévoient qu’en 2050, ils représenteront jusqu’à 6 % de l’électricité consommée en France. L’empreinte carbone des data centers s’explique également par le recours à des systèmes de refroidissement destinés à réguler la chaleur qu’ils produisent. Pour ne pas être altérés dans leur fonctionnement, les serveurs ont besoin d’être maintenus à une température ambiante de 25 °C. « Le refroidissement est l’une des fonctions vitales d’un data center. C’est un enjeu majeur. 40 % de l’énergie consommée par cette installation viennent de son système de refroidissement », (Bruno Lafitte Ademe). En plus de la consommation énergétique, ces techniques de refroidissement demandent, selon la technique utilisée, une grande quantité d’eau, une ressource précieuse, devenant stratégique à cause des effets du réchauffement climatique et du stress hydrique induit.
De plus, la fabrication et la fin de vie des équipements qui composent les data centers sont une source de pollution supplémentaire. À l’instar des appareils électroniques, les serveurs informatiques exigent de grandes quantités de métaux rares, dont l’extraction intensive, principalement en Afrique, repose sur des procédés polluants.